Comment l’organisation de l’habitat rend-elle la ville sûre ?

 

Consciemment ou inconsciemment, l’habitant joue un rôle important par rapport à la sécurité et à sa perception. L’organisation de son habitat est à cet égard déterminante. Mais de plus, cette organisation affecte l’ensemble des personnes vivant dans l’environnement de cet habitat.

Il importe dès lors de bien comprendre que toutes les habitations et toutes les parties des habitations ne sont pas à égalité face à l’insécurité.

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La richesse de l’habitat dépend de sa différenciation

Une des caractéristiques majeures que l’on retrouve dans toutes les formes d’habitat humain est la différenciation de leur organisation spatiale en rapport avec les déterminants naturels, culturels et sociaux. L’histoire de notre habitat est particulièrement marquée par une distinction entre un ‘avant’ en relation avec l’espace public et un ‘arrière’ sans relation à celui-ci. Ce couple avant-arrière nous permet de vivre dans les meilleures conditions tantôt des moments d’intimité et tantôt des moments de sociabilité publique, entre scène et coulisses, chacun de ces moments étant dépendants des autres.

Des habitations tout en avant, et donc sans arrière, – c’est le cas d’immeubles, en général des immeubles à appartements, isolés et entourés d’espaces publics - ou tout en arrière, et donc sans avant, – c’est le cas de logements en intérieur d’îlot ou de logements situés dans les étages supérieurs d’immeubles tours – sont trop indifférenciées et réduisent de facto la palette des modalités d’habiter. Ces réductions affectent négativement l’appropriation des espaces extérieurs de l’habitation et affaiblissent dès lors la participation implicite des habitants au contrôle social des espaces publics.

 

Le poids suffisant des yeux de la rue

L’arrière de l’habitation accueillant les pratiques relevant de la sphère intime et familiale, c’est donc l’avant qui contribue à assurer le contrôle social ou la surveillance informelle et spontanée de l’espace public qu’il conviendrait plutôt de qualifier de veillance puisqu’a priori, il n’y a pas de relation hiérarchique et de responsabilité entre habitants et passants.

Pour évoquer cette veillance, moins pesante que la surveillance, Jane Jacobs parlait des yeux de la rue. Or ces yeux de la rue ne sont à même de jouer leur rôle préventif qu’à condition que la façade de l’immeuble soit suffisamment habitable, c’est-à-dire suffisamment ouverte pour que le regard puisse passer de l’intérieur vers l’extérieur et suffisamment fermée pour que l’habitant se sentant chez lui soit concerné par son environnement immédiat. 

Cette qualité complexe de la façade se concrétise par l’architecture des baies des immeubles, les fenêtres et les portes, et par les dispositifs permettant de se tenir de part et d’autre de ces baies, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les balcons, terrasses, porches, perrons, jardinets avant (dont les clôtures à rue ne doivent pas être hautes)… mais aussi les pièces habitées donnant sur l’espace public. Les façades aveugles ou donnant sur des locaux inhabités, et en particulier au rez-de-chaussée, représentent à cet égard des points faibles et susceptibles de produire un sentiment d’insécurité chez les passants.

Les effets de ces dispositifs de l’avant sont d’autant plus puissants lorsqu’ils forment un ensemble ; une rue activée par des façades avec portes d’entrée tournées vers elle réduit les risques de cambriolage grâce à l’intervisibilité entre ces baies.

De même, de nombreuses études démontrent que, toutes choses égales par ailleurs, le risque de cambriolage augmente avec le nombre de façades du logement, confirmant ainsi l’intérêt du principe de groupement d’habitations : la maison 4 façades est plus exposée que la maison 3 façades (extrémité de rangée) qui l’est à son tour plus que la maison mitoyenne 2 façades laquelle enfin l’est plus que l’appartement d’étage dans un immeuble.

A cet égard, les tendances contemporaines en faveur de l’îlot ouvert (immeubles isolés et non mitoyens formant des îlots urbains) relèguent trop souvent au second plan, quand elles ne les négligent pas totalement, ces enjeux structurels invoquant des raisons énergétiques et environnementales qu’il convient pour autant de ne pas ignorer.

Pierre VANDERSTRAETEN

Architecte-urbaniste et sociologue,
Professeur à l’Université Catholique de Louvain (UCL)

Source: secunews.be ©

 

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